Rhizarthrose ou Arthrose A la base du Pouce

La rhizarthrose, ou arthrose du pouce, est une affection fréquente qui touche l’articulation à la base du pouce, provoquant douleurs et raideur. Cette pathologie peut considérablement perturber les activités quotidiennes, rendant certains gestes simples difficiles à réaliser. Il est important de reconnaître les symptômes afin de bénéficier d’un diagnostic et d’un traitement adaptés. Dans cette section, vous trouverez des informations sur les symptômes, les options de traitement et des conseils pour mieux gérer la rhizarthrose.

Rhizarthrose ou Arthrose à la base du pouce

La rhizarthrose, ou arthrose de la base du pouce, est une affection dégénérative qui touche l’articulation trapézo-métacarpienne, située à la base du pouce. Cette usure progressive du cartilage provoque des douleurs, des raideurs et une perte de mobilité du pouce.

La rhizarthrose est le plus souvent liée à l’âge, mais elle peut également être favorisée par des prédispositions génétiques ou par des sollicitations répétées de l’articulation, comme c’est le cas dans certaines professions manuelles.

Les symptômes

Les patients souffrant de rhizarthrose ressentent souvent des douleurs à la base du pouce, en particulier lors des mouvements de préhension, comme pincer ou saisir un objet. Cette douleur peut s’accompagner d’une perte de force et d’une raideur du pouce, rendant difficiles certaines tâches quotidiennes, comme tourner une clé ou ouvrir un pot.

Les traitements

Le traitement de la rhizarthrose varie en fonction de la gravité des symptômes. Aux stades précoces, des traitements conservateurs tels que le port d’une attelle, la physiothérapie ou des injections de corticoïdes peuvent soulager la douleur et réduire l’inflammation.  Cependant, lorsque ces mesures ne suffisent plus à contrôler les symptômes, une intervention chirurgicale peut être envisagée.

Les opérations proposées

Le Dr. ROUVEYROL propose plusieurs techniques chirurgicales pour traiter la rhizarthrose, en fonction de la gravité de l’atteinte et des activités habituelles du patient. Parmi elles figurent la prothèse trapézo-métacarpienne, l’interposition d’un implant en pyrocarbone, l’arthrodèse et la trapézectomie.

Chacune de ces interventions présente des spécificités que nous détaillons dans cette section.

Traitements et opérations de la Rhizarthrose ou Arthrose à la base du pouce

Le traitement dit « médical », ou encore « conservateur »

Le traitement conservateur de la rhizarthrose vise principalement à soulager la douleur et à préserver la fonction de l’articulation du pouce sans recourir à une intervention chirurgicale. Il comprend généralement un traitement antidouleur et anti-inflammatoire, ainsi que le port d’une ou plusieurs orthèses permettant de stabiliser l’articulation et de réduire les contraintes lors des mouvements.

Si les symptômes persistent, une infiltration de corticoïdes peut être envisagée. En réduisant l’inflammation au sein de l’articulation, cette injection permet de diminuer, voire de supprimer temporairement la douleur. Son principal avantage réside dans sa faible invasivité. En revanche, elle n’agit pas sur la cause mécanique des douleurs et son efficacité peut être limitée dans le temps.

L’intervention chirurgicale n’est envisagée qu’en cas d’échec des différentes mesures conservatrices.

La Trapézectomie

Il s’agit de l’intervention de référence pour traiter la rhizarthrose, la première à avoir été décrite. 
Elle consiste à retirer complètement le trapèze, l’un des petits os du poignet. L’intervention se déroule sous anesthésie loco-régionale ou générale. Le chirurgien réalise une incision à la base du pouce pour accéder au trapèze, qui est ensuite retiré avec précision. Une petite portion de tendon est utilisée pour combler l’espace laissé vide et stabiliser la base du premier métacarpien.

Les avantages de cette intervention sont sa fiabilité, la rapidité de la convalescence (environ six semaines), la bonne préservation de la mobilité et la grande durabilité du résultat, puisqu’aucun matériel métallique n’est laissé en place. En revanche, la force de serrage est généralement réduite de moitié par rapport à une main non arthrosique. Par ailleurs, en cas de réintervention, les options chirurgicales sont plus limitées en raison de l’absence du trapèze, et leur réalisation peut s’avérer plus complexe. 

La prothèse trapézo-métacarpienne

Elle consiste à remplacer l’articulation usée par une prothèse, afin de préserver la mobilité tout en réduisant la douleur. Réalisée sous anesthésie loco-régionale et en chirurgie ambulatoire, cette technique permet une récupération plus rapide et un meilleur confort post-opératoire par rapport aux autres options chirurgicales. Elle est particulièrement indiquée pour les patients souhaitant retrouver rapidement une bonne fonction du pouce et reprendre leurs activités quotidiennes sans douleur. En revanche, comme toute articulation artificielle, la prothèse s’usera avec le temps, plus ou moins rapidement selon les activités pratiquées. Une reprise chirurgicale est généralement nécessaire tous les 10 à 15 ans. La prothèse pourra alors être remplacée, ou une trapézectomie pourra être envisagée en alternative.

Vue éclatée de la prothèse trapézo-métacarpienne

Illustration des différentes pièces composant l’implant utilisé en chirurgie de la rhizarthrose.

Modèle de démonstration visible en consultation

Prothèse permettant aux patients de mieux comprendre le dispositif implanté.

Prothèse trapézo-métacarpienne assemblée

Vue complète de l’implant prêt à être mis en place lors de l’intervention chirurgicale.

L’implant en pyrocarbone

Le pyrocarbone est un matériau biocompatible, particulièrement résistant à l’usure. L’intervention se déroule sous anesthésie loco-régionale ou générale. Le chirurgien réalise une incision à la base du pouce pour accéder à l’articulation, puis les surfaces articulaires endommagées sont préparées pour accueillir l’implant. Celui-ci est ensuite inséré entre les deux os afin de jouer le rôle de roulement à bille. Les avantages de cette technique sont sa moindre invasivité par rapport aux autres interventions, la bonne préservation de la force, de la mobilité et une excellente durabilité, grâce à la grande résistance du pyrocarbone à l’usure. Cependant, les suites post-opératoires sont généralement plus longues en ce qui concerne la douleur, dont la diminution n’est ressentie par le patient, en moyenne, qu’après trois mois. En cas de nécessité de réintervention, l’ensemble des options chirurgicales reste envisageable, comme la pose d’une prothèse trapézo-métacarpienne ou la réalisation d’une trapézectomie.

Implant en pyrocarbone

Modèle disponible en consultation pour permettre aux patients de visualiser la taille et la forme de l’implant utilisé dans le traitement de la rhizarthrose.

Vue rapprochée de l’implant en pyrocarbone

Implant seul, montrant sa surface lisse et bombée, conçue pour s’intercaler entre les os du pouce et assurer une fonction de roulement articulaire.

Les suites après une chirurgie de la Rhizarthrose

Suites après une trapézectomie : récupération et conseils

près une trapézectomie, le port d’une attelle sur mesure est nécessaire pendant six semaines afin d’immobiliser l’articulation et de favoriser la guérison. Ce dispositif permet de réduire la douleur et de protéger la zone opérée. Une fois cette période écoulée, le patient débute la rééducation, qui joue un rôle essentiel dans le processus de récupération. Il est important de noter que la diminution des douleurs, ainsi que le rétablissement de la mobilité et de la force, peuvent prendre entre trois et six mois. La patience et la régularité dans les exercices de rééducation sont indispensables pour optimiser les résultats et retrouver pleinement la fonctionnalité du pouce.

Suites après la mise en place d’une prothèse trapézo-métacarpienne ou d’un implant en pyrocarbone

Il est nécessaire de porter une attelle sur mesure pendant trois semaines pour protéger l’articulation et favoriser la guérison. Dans le cas d’une prothèse trapézo-métacarpienne, l’amélioration des douleurs est souvent rapide, avec un soulagement des symptômes observable en quelques semaines. À l’inverse, la mise en place d’un implant en pyrocarbone entraîne une diminution des douleurs plus progressive. Toutefois, les avantages spécifiques de cette technique doivent être pris en compte dans le choix du traitement. Une fois la période d’immobilisation terminée, les mobilisations du pouce sont débutées. Elles sont essentielles pour restaurer la mobilité et la force. En général, la récupération des capacités fonctionnelles s’effectue en quelques semaines, permettant un retour rapide aux activités quotidiennes.

Les complications suite à une chirurgie de la Rhizarthrose

Les complications communes à toute opération de la main

Comme pour toute intervention chirurgicale, certaines complications, bien que rares, peuvent survenir.
Une infection au niveau de la cicatrice peut entraîner une rougeur, un gonflement et nécessiter un traitement antibiotique, voire une reprise chirurgicale pour nettoyer les tissus infectés.

L’algodystrophie, complication imprévisible, peut provoquer des douleurs diffuses, une raideur prolongée et une hypersensibilité du doigt ou de la main, rendant la récupération plus difficile.

Dans certains cas, l’intervention peut ne pas apporter les résultats escomptés, avec une persistance des douleurs ou une diminution de la force de préhension, notamment si l’arthrose était très avancée ou si des facteurs individuels limitent la récupération fonctionnelle.

Une lésion vasculo-nerveuse, bien que rare, peut altérer la sensibilité ou la mobilité du doigt. Par ailleurs, une douleur persistante, une diminution temporaire de la force, une raideur articulaire ou encore des adhérences cicatricielles peuvent également compliquer la récupération.

Les complications de la Trapézectomie

Bien que la trapézectomie soit une intervention efficace pour traiter l’arthrose du pouce, certaines complications spécifiques peuvent survenir. L’une des principales est l’instabilité du pouce due à l’ablation du trapèze. Celui-ci n’étant pas remplacé par une prothèse, un recul du premier métacarpien peut s’observer, entraînant une diminution de la force de préhension. Une douleur persistante ou une gêne fonctionnelle peut également apparaître, notamment en cas d’adaptation insuffisante des tissus environnants.

Les complications de la prothèse trapézo-métacarpienne et de l’implant en pyrocarbone

Bien que la prothèse trapézo-métacarpienne et l’implant en pyrocarbone soient des alternatives efficaces à la trapézectomie, ces techniques présentent également des complications spécifiques. L’usure ou le descellement de la prothèse peuvent entraîner une perte de stabilité du pouce, la réapparition de douleurs, et, dans certains cas, nécessiter une reprise chirurgicale. L’implant en pyrocarbone peut également se luxer, précocement ou à distance de l’intervention, nécessitant alors une réduction. En cas de luxations répétées, une nouvelle intervention peut s’avérer nécessaire. Par ailleurs, une réaction inflammatoire locale ou une intolérance au matériau de l’implant peut entraîner un épanchement articulaire, une gêne persistante, voire une altération des structures avoisinantes, rendant nécessaire l’exploration d’une autre solution chirurgicale.

La durée de vie de la prothèse ou de l’implant varie considérablement selon les conditions locales, l’usage qui en est fait, et d’autres facteurs parfois imprévisibles.

Veuillez noter que les informations présentées sur notre site internet ne permettent pas un auto-diagnostic et ne remplacent en aucun cas l’avis d’un médecin spécialiste lors d’une consultation. La liste des symptômes et complications mentionnée ici couvre uniquement les cas les plus courants et n’est pas exhaustive. Lors de votre consultation, votre médecin pourra répondre à toutes vos questions.