Maladie de dupuytren

La maladie de Dupuytren est une affection progressive de la main qui entraîne une rétraction des doigts vers la paume, rendant leur extension de plus en plus difficile. Elle est causée par un épaississement anormal des tissus sous la peau, évolue lentement et peut finir par limiter l’usage de la main. Quels sont les signes avant-coureurs ? À quel moment envisager un traitement ? Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur cette pathologie et ses solutions.

La maladie de Dupuytren

La maladie de Dupuytren est une affection progressive de la main, entraînant une rétraction progressive des doigts vers la paume. Elle est causée par un épaississement et une fibrose anormale de l’aponévrose palmaire, une membrane située sous la peau. Avec le temps, cette rétraction limite l’extension des doigts et peut gêner la fonction de la main. Les causes exactes restent mal connues, mais des facteurs génétiques et certaines pathologies comme le diabète peuvent favoriser son apparition.

Les symptômes

Les premiers signes de la maladie de Dupuytren se manifestent par l’apparition de petits nodules sous la peau de la paume. Au fil du temps, ces nodules évoluent en cordes fibreuses qui tirent progressivement les doigts vers l’intérieur de la main. Cette rétraction peut rendre certaines tâches quotidiennes difficiles, notamment l’ouverture complète de la main ou son appui à plat sur une surface.

Les traitements

Le choix du traitement dépend du stade de la maladie et de l’impact fonctionnel sur la main. Dans les formes débutantes, une simple surveillance peut être suffisante. Toutefois, si la rétraction devient handicapante, plusieurs options sont envisageables.

Les opérations proposées

Le Dr ROUVEYROL propose différentes techniques en fonction de l’évolution de la maladie :

  • L’aponévrotomie percutanée : une intervention réalisée sous anesthésie locale qui consiste à sectionner les cordes fibreuses avec une aiguille pour libérer la rétraction.
  • L’aponévrectomie chirurgicale : une intervention plus invasive qui consiste à retirer les tissus atteints afin de restaurer la mobilité des doigts. Cette opération est réalisée en ambulatoire et nécessite une rééducation postopératoire.

Dans tous les cas, une prise en charge précoce permet d’optimiser les résultats et de réduire les risques de complications.

Les opérations de la maladie de Dupuytren

L’aponevrotomie percutanée à l’aiguille

L’aponévrotomie percutanée est une technique chirurgicale mini-invasive utilisée pour traiter la maladie de Dupuytren. Elle consiste à insérer une aiguille à travers la peau afin de sectionner les cordons fibreux responsables de la rétraction des doigts. Réalisée sous anesthésie locale en chirurgie ambulatoire, cette intervention présente plusieurs avantages : une récupération rapide, un geste peu traumatisant et un risque de complications réduit par rapport aux interventions plus lourdes. Elle est envisageable pour les formes modérées de la maladie, permettant une amélioration significative de la mobilité des doigts et de la fonction de la main.

L’aponevrectomie à ciel ouvert

L’aponévrectomie à ciel ouvert est la technique chirurgicale de référence, permettant de réduire au maximum le risque de récidive Elle consiste à réaliser une incision dans la paume, et parfois sur les doigts, afin d’extraire les tissus touchés par la fibrose, y compris les cordons responsables de la rétraction progressive des doigts. Pratiquée sous anesthésie loco-régionale, cette technique permet une libération complète des structures atteintes. Bien que la récupération soit plus longue qu’avec des techniques moins invasives, comme l’aponévrotomie percutanée, elle reste souvent indispensable en cas de déformation importante des doigts.

Suites après une opération de la maladie de Dupuytren

Après l’intervention, un manque de force est fréquent pendant plusieurs mois, rendant certaines actions, comme la prise d’outils ou le port de charges lourdes plus difficiles. Cette récupération varie d’un patient à l’autre. La reprise des activités dépend de nombreux facteurs, mais intervient généralement entre 4 et 6 semaines après l’opération.

Il est essentiel de mobiliser les doigts aussi naturellement que possible pour favoriser la récupération, tout en évitant les efforts excessifs. Le port de charges lourdes et les activités nécessitant une forte préhension sont déconseillés durant la phase de cicatrisation, qui s’étale sur 3 à 4 semaines. Un suivi post-opératoire et la rééducation permettront d’optimiser la récupération et de retrouver progressivement la force et la souplesse de la main.

Suites opératoires de l’aponevrotomie percutanée à l’aiguille

Douleur et soins post-opératoires : L’intervention étant peu invasive, la douleur post-opératoire est généralement modérée et bien soulagée par des antalgiques simples. Un pansement est appliqué pendant 48 heures, puis retiré sans être remplacé.

Mobilisation de la main et port d’une attelle : L’usage de la main est autorisé immédiatement après l’intervention, sans immobilisation stricte. Cependant, le port d’une attelle d’extension nocturne peut être recommandé pour prévenir une récidive et maintenir l’allongement des doigts. Il est conseillé de bouger les doigts dès que possible pour prévenir les adhérences.

Reprise des activités : Les activités quotidiennes peuvent être reprises rapidement, souvent en quelques jours. Les efforts manuels intenses sont déconseillés pendant une à deux semaines.

    a man sitting on the ground with his hands in the air

    Suites opératoires de l’aponevroctomie à ciel ouvert

    Douleur et soins post-opératoires : Une douleur modérée peut persister pendant quelques jours, soulagée par des antalgiques. Un pansement est nécessaire pour protéger la plaie et prévenir les infections. Les fils sont retirés au bout de 15 jours.

    Mobilisation, port d’une attelle et rééducation : La main doit être mobilisée progressivement pour éviter les raideurs. Le port d’une attelle d’extension, à porter en journée par intermittence et éventuellement la nuit, est souvent prescrit pour limiter la rétraction post-opératoire. Une rééducation avec un kinésithérapeute est parfois nécessaire pour optimiser la récupération et restaurer une mobilité optimale.

    Reprise des activités : Les gestes simples sont possibles après quelques jours, mais plusieurs semaines seront nécessaires avant la reprise des efforts importants et des activités manuelles.

    Les complications suite à une opération de la maladie de Dupuytren

    Complications spécifiques à la maladie de Dupuytren

    Aucune intervention chirurgicale n’est totalement dénuée de risques. Les complications potentielles peuvent être liées à plusieurs facteurs et notamment la proximité des structures nerveuses et vasculaires. En effet, la maladie de Dupuytren se développe près des nerfs et des vaisseaux sanguins, ce qui peut entraîner une perte de sensibilité, temporaire ou permanente.

    Dans les cas les plus sévères, notamment en cas de récidive ou d’antécédents chirurgicaux, une nécrose du doigt peut survenir, pouvant conduire, dans des situations extrêmes, à une amputation partielle ou totale du doigt.

      Autres complications possibles

      Comme pour toute intervention chirurgicale, certaines complications, bien que rares, peuvent survenir.
      Une infection au niveau de la cicatrice peut entraîner une rougeur, un gonflement et nécessiter un traitement antibiotique, voire une reprise chirurgicale pour nettoyer les tissus infectés.
      L’algodystrophie, complication imprévisible, peut provoquer des douleurs diffuses, une raideur prolongée et une hypersensibilité de la main, rendant la récupération plus difficile.
      Dans certains cas, l’intervention peut ne pas apporter les résultats escomptés en cas de raideur articulaire démasquée par l’intervention. Ceci est notamment possible dans les rétractions présentes depuis plusieurs années.
      Une lésion vasculo-nerveuse, bien que rare, peut entraîner une diminution de la sensibilité ou une altération de la motricité des doigts. Par ailleurs, une douleur persistante, une diminution temporaire de la force, une raideur articulaire ou encore des adhérences cicatricielles peuvent également compliquer la récupération.
      Un suivi post-opératoire rigoureux et une rééducation adaptée sont essentiels pour limiter ces risques et favoriser une récupération optimale.

      Veuillez noter que les informations présentées sur notre site internet ne permettent pas un auto-diagnostic et ne remplacent en aucun cas l’avis d’un médecin spécialiste lors d’une consultation. La liste des symptômes et complications mentionnée ici couvre uniquement les cas les plus courants et n’est pas exhaustive. Lors de votre consultation, votre médecin pourra répondre à toutes vos questions.